Chroniques du Poney Express

Chapitre 3 (suite)
De son air le plus décontracté, Teaspoon s’avança dans la
rue, humant avec délice la légère brise qui flottait sur la ville. Puis, il
s’arrêta et tira un énorme cigare de sa poche. Après avoir regardé autour
de lui, il s’avança vers l’une des sentinelles, pour lui demander du feu.
Le pauvre soldat n’eut pas le temps de comprendre ce qui se passait. Surgie
de l’ombre, une crosse de revolver s’abattit sur son crâne. Aussitôt,
Teaspoon appela au secours l’autre garde, prétextant que son camarade avait
eu un malaise. L’homme s’agenouilla près du corps et subit bientôt le même
sort. Jimmy et Buck tirèrent leurs victimes dans un recoin, les ficelèrent
et les bâillonnèrent. Le petit groupe grimpa les marches et s’aventura à
l’intérieur. Deux maîtres d’hôtel bondirent de leurs chaises pour subir
rapidement le même sort que les gardes. Cody secoua l’un des hommes: "Où
est le colonel?"
L’employé malmené jeta sur les cavaliers un regard épouvanté. Il
était livide et articulait difficilement, persuadé que sa dernière heure
était arrivée. Il montra la direction d’un escalier dissimulé derrière la
tenture. "Au... au balcon. Au balcon.
-Jimmy, tu viens avec moi, dit Teaspoon. Les autres, essayez de
les trouver. Ils doivent être dans la salle.
-Je vous accompagne", intervint Fanny, en emboîtant le pas du
vieux texan.
Elle se disait qu’avec un peu de chance, elle pourrait approcher
le colonel. Même au risque de se dévoiler, elle pouvait forcer la chance.
Ils gravirent les marches quatre à quatre et débouchèrent sur la galerie
fourmillante de monde qui faisait le tour de la salle de bal. Fanny désigna
l’autre côté. La tête brune du colonel émergeait d’un groupe de dames aux
toilettes étincelantes et de messieurs non moins apprêtés. Tandis qu’elle
tentait de se frayer un chemin jusqu’à lui, elle le vit s’éloigner puis
disparaître par un autre escalier. Mais déjà, du premier escalier, leur
parvenaient les échos d’une poursuite, en même temps que quelques cris
saluaient l’entrée de Buck, Cody et Lou dans la salle. Jimmy se pencha au
balcon et leur indiqua l’autre bout de l’immense salle, tandis que Fanny se
faufilait entre les gens avec la souplesse d’un chat. Comme elle arrivait
en haut des marches, une montagne de muscles vêtue de bleu se dressa
soudain devant elle. Fanny recula d’un pas et dévisagea le sous-officier.
"Laissez-nous passer, l’interpella Hunter. C’est important.
-Rendez-vous sans faire d’histoires, ordonna le sergent, et il ne
vous sera fait aucun mal.
-Je vous en prie, il se passe des choses graves, insista Teaspoon.
Ca concerne le chargement qui vient d’arriver.
-Lâchez vos armes", se contenta de répondre le soldat soudain plus
sûr de lui, en pointant son revolver sur la jeune fille. Fanny regarda le
canon aux reflets d’acier, le chien armé et le doigt blanchissant sur la
gâchette.
"Je vous en prie, Ben. Laissez-nous passer."
Surpris de s’entendre appeler par son prénom, le soldat la
dévisagea avec insistance, sans comprendre. "Vous savez bien que vous
pouvez me faire confiance", continua la jeune fille en ôtant son chapeau.
Le sergent Ben Kipper pâlit, comme s’il venait d’apercevoir un
fantôme. Il eut un mouvement de recul, un instant d’hésitation. Tout à
coup, la voix de Lou retentit. Fanny profita de l’occasion. Elle bouscula
le sergent sans ménagement, dévala l’escalier et se retrouva nez à nez avec
le colonel, au moment où Lou criait à nouveau : "L’orchestre !"
Avant que quiconque ait pu l’arrêter, elle se jeta sur le colonel
qui tomba à la renverse, au moment où une rafale de mitrailleuse partait du
balcon de l’orchestre. Alors que la salle de bal résonnait maintenant de
cris hystériques et que tous cherchaient désespérément un refuge, Fanny et
Clapton se traînèrent derrière le mur. Debout sur le balcon de l’orchestre,
deux des texans tenaient la salle en respect avec une gatling. L’un d’eux
interpella l’officier.
"Colonel Clapton! La vie de tous ces gens repose maintenant entre vos
mains. Alors montrez-vous!
-N’y allez pas", ordonna Fanny en le retenant d’une main ensanglantée.
Le colonel ouvrit de grands yeux stupéfaits. Elle avait perdu son chapeau,
et il n’eut aucun mal à la reconnaître. "Que faites-vous là?
-Vous croyez vraiment que c’est le moment pour poser ce genre de
questions? répondit-elle en vérifiant son barillet. Demandez-vous plutôt ce
que eux font là."
Fanny risqua un oeil dans la salle. Une rafale la fit
aussitôt réintégrer sa position, provoquant au passage une nouvelle vague
de hurlements. Les invités se tenaient immobiles au milieu de la salle,
affalés à même le sol, tremblant ou pleurant. Ils savaient qu’ils n’avaient
qu’une chance minime de ne pas servir de cible à l’engin du diable qui les
tenait en respect depuis le balcon.
"Colonel Clapton! aboya Siems. Je ne vous donnerai qu’un
avertissement.
-Que voulez-vous? cria l’officier, de derrière sa cachette.
-Vous le savez très bien, colonel. Vous avez cinq minutes pour
faire charger les caisses sur les chariots devant l’hôtel. Sans quoi, nous
exécuterons des innocents.
- Vous ne vous en tirerez pas, répondit Clapton. Il y a des soldats
partout.
-Allons, vous ne voudriez quand même pas que votre obstination
coûte la vie à monsieur le maire ou n’importe lequel de ces braves gens?
-Il a raison, murmura Fanny. Vous ne devriez pas trop compter sur
vos soldats. De là où ils sont, ils auront le temps de faire pas mal de
victimes avant que vos hommes aient réussi à entrer.
-Que peut-on faire?
-Me demandez pas ça à moi. Vous savez bien que je ne suis qu’une
gamine."
Caché derrière une table renversée en haut de l’escalier, Jimmy
essayait d’analyser la situation. Et elle était plus que mauvaise. De là où
il était, il voyait à peine les deux rangers. Il lui semblait que l’un
d’eux se tenait derrière la gatling, mais il était protégé par un mur
humain. L’autre devait garder l’unique porte d’accès au balcon. Il ne
serait pas facile de les déloger. Teaspoon le tira par la manche et lui
désigna Buck, dissimulé derrière le buffet. Celui-ci leur faisait des signes.
"Comment ils vont? demanda Lou.
-Ca va, répondit Buck.
-On n’a toujours pas trouvé le troisième, dit Cody... Mais Teaspoon
et Jimmy ne sont pas trop mal placés pour avoir les deux autres. Il
faudrait les amener à se découvrir.
-Tu as une idée?
-La crise d’hystérie, ça marche toujours. Ils ont l’impression de
perdre le contrôle de la situation, ils deviennent nerveux et ils
commettent un faux pas.
-Tu rêves, répondit Buck. Regarde, on a eu droit à une belle scène
de panique, et c’est tout juste si ça ne les a pas fait sourire.
-Par contre, si on pouvait détourner leur attention pour permettre
à Jimmy de se rapprocher... réfléchit Lou.
-Teaspoon a l’air de dire qu’ils les voient à peine.
-Oui, mais il leur suffirait de se décaler un peu sur leur droite
pour avoir un bon angle de tir. Transmet le message, Buck. Je m’occupe de
la diversion." Aussitôt, Lou se glissa sous la nappe pour ramper jusqu’à
l’extrémité de la table du buffet, à l’opposé du balcon d’orchestre. Il
était presque à hauteur du porche derrière lequel se dissimulait Clapton.
Il aperçut Mac, collé contre le mur, revolver au poing. Sa manche était
maintenant imprégnée de sang, mais il semblait calme. Lou s’empara d’un
verre et le fit rouler dans sa direction. Ayant ainsi réussi à attirer son
attention, il lui expliqua leur plan par quelques signes indiens auxquels
Fanny répondit de la même façon.
"Que se passe-t-il? demanda le colonel, intrigué.
-On va tenter quelque chose. J’ai besoin de vous, mon colonel. Il
faut détourner leur attention pour que mes amis puissent se positionner
correctement. Il faudrait gagner du temps. Parlez-leur, dites que vous
acceptez.
-Quoi? Leur livrer ces armes? Vous n’y pensez pas?
-Vous préférez faire tuer des innocents? Posez-leur des
conditions. Négociez."
Clapton savait qu’il n’avait pas le choix. Il acquiesça. Il
affermit sa voix et héla l’homme à la gatling. Aussitôt, Lou disparut sous
sa nappe pour faire le signe convenu à Buck, lequel avertit Teaspoon et
Jimmy. Mais ceux-ci étaient déjà entrés en action. Rampant derrière les
invités terrorisés, ils avaient commencé à se déplacer vers l’autre bout de
la salle.
"Alors, vous voilà enfin raisonnable, colonel, constata Siems.
-Il vous faut l’être vous aussi, répondit le colonel. Permettez à
tous ces gens de partir, et nous pourrons discuter.
-Me priver de ma monnaie d’échange? Vous plaisantez, j’espère?
Vous n’avez pas les moyens de négocier.
-J’ai ce que vous voulez, répondit Clapton. Et j’ai des ordres
pour ne pas vous le donner.
-Alors ces gens mourront.
"C’est ce qu’il semblerait..."
Un murmure parcourut la salle. Tous les yeux se tournèrent vers le
porche. Parmi les rangers, il y eut un flottement. En se levant, Jimmy
remarqua le visage stupéfait de Siems. Mais il ne prit pas le temps de s’y
attarder. Un coup de feu retentit presque aussitôt et l’homme s’écroula.
Les musiciens se jetèrent au sol, tandis que le complice se précipitait
vers la mitrailleuse. Jimmy tira une deuxième fois et March bascula par
dessus la balustrade. Cody vit alors un officier se lever et pointer son
arme vers le colonel Clapton qui s’était avancé au milieu de la salle. Il
épaula son vieux fusil et tira. Les deux coups de feu partirent en même
temps, mais seul celui du jeune cavalier toucha au but. Rawlins trébucha et
lâcha son arme. Des gardes firent irruption dans la salle et s’emparèrent
aussitôt de lui. Comme émergeant d’un cauchemar, les gens se relevèrent
lentement, regardant autour d’eux avec des yeux hébétés. Puis, canalisés
par les soldats, ils se dirigèrent vers la sortie, qui pleurant, qui
cherchant désespérément un ami, un époux, mais encore incapable de réaliser
ce à quoi ils venaient d’échapper. Le colonel fut immédiatement entouré par
ses officiers, mais il les écarta d’un geste pour voir ceux qui venaient de
sauver la situation. "Messieurs, je ne sais ce qui se serait passé sans
votre intervention. J’ignore qui vous êtes, mais...
-C’est Petit-Renard, dit alors le sergent Kipper, qui s’était
frayé un chemin jusque là, en désignant Fanny du menton.
-Je sais", répondit le colonel qui remarqua alors l’attitude de la
jeune fille. Celle-ci avait remis précipitamment son chapeau qu’elle avait
enfoncé jusqu’aux yeux en voyant approcher le sergent qu’elle fusillait à
présent du regard.
"Vous êtes blessé, dit-il simplement. Le plus urgent est de vous soigner.
Le major Dunbar, va s’occuper de vous..."
Ainsi, les trois hommes avaient tenté le tout pour le tout pour
s’emparer du plus gros chargement d’armes jamais acheminé vers un poste de
l’Ouest. Comme l’avait prévu Teaspoon, ils étaient prêts à tout, même à
sacrifier des innocents. Teaspoon apprit par la suite que Rawlins avait été
longtemps officier de l’armée. Il avait été dégradé pour manquement à
l’honneur et avait déserté. Après s’être caché pendant deux ans, il était
entré chez les rangers du Texas pour démissionner trois ans plus tard. On
perdait alors sa trace, mais on supposait qu’il avait fait partie
d’organisations pro-sudistes extrémistes et avait participé à plusieurs
attentats contre des personnalités de l’Etat et des organisations
abolitionnistes. Il était certain, en revanche, qu’il avait orchestré cette
opération avec l’intention de laisser faire le travail par ses deux
acolytes sans prendre le moindre risque. Son uniforme lui avait permis de
pénétrer dans la place au nez et à la barbe du service de sécurité, afin
d’en surveiller le déroulement sans être inquiété. D’autres hommes
attendaient dehors avec quatre chariots et des chevaux robustes, prêts à
emporter le précieux chargement. Rawlins les auraient rejoints une fois
rentré dans le Sud. Sans l’intervention des cavaliers du Poney Express, il
n’aurait sans doute jamais eu à intervenir et s’en serait tiré sans mal.
Lorsque qu’il fut remis de sa blessure, il fut transféré à la
prison fédérale de Washington où il attendit pendant près de quatre mois
d’être jugé. La Cour le reconnut coupable de complot contre l’Etat et
tentative de meurtre avec préméditation et le condamna à la peine de mort
par pendaison. Il fut exécuté à Washington le jour même de l’élection à la
présidence d’Abraham Lincoln, symbole de tout ce qu’il avait voulu
combattre, et avec qui s’ouvrait la période la plus douloureuse de
l’histoire des Etats-Unis.
"J’attends tes explications!
-Quelles explications?" demanda Fanny, faisant mine de ne pas
comprendre la question de Teaspoon.
Le médecin-major avait extrait la balle logée dans son bras sans
qu’elle ait émis la moindre plainte. Mais combien lui avait-il fallu serrer
les dents pour ne pas hurler! Jamais elle n’aurait pensé qu’une blessure
par balle pouvait être si douloureuse. Sur le moment, elle n’avait rien
senti. Juste un choc, comme un bleu. Puis elle avait vu sa main sanglante,
quand elle avait retenu le colonel. Elle avait senti le sang couler le long
de son bras engourdi et une douleur sourde l’envahir. Alors, elle avait
compris. Mais, elle n’avait rien voulu montrer. Elle n’avait pas le droit
d’être faible. Le major finissait de bander la plaie. Elle s’était assise
sur le bord de la table, les jambes ballantes, et fixait ses bottes. Hunter
se tenait à côté d’elle et l’observait avec attention, avide de percer le
mystère. "Tu sais très bien de quoi je veux parler.
-J’ai horreur des devinettes, alors soyez plus clair.
-Tu connaissais le sergent. Comment ça se fait?
-Je l’ai croisé au fort, hier.
-Mac, je sais quand on me ment. Tu le connais mieux que ça. J’en
mettrais ma tête à couper.
-Attention, vous risquez de la perdre.
-Ne me prends pas pour un imbécile! S’il t’avait vu la veille, il
n’aurait pas fait cette tête... Et le colonel? Tu vas pas me dire que c’était
la première fois que tu le voyais?"
Fanny détourna les yeux, visiblement déterminée à ne pas en dire
plus. Elle poussa presque un soupir de soulagement quand on frappa à la
porte. Le colonel Clapton entra. Lemédecin rangea son matériel dans sa
sacoche. Après avoir glissé quelques mots à l’oreille de son supérieur, il
sortit, emmenant avec lui son assistant.
"Monsieur Hunter, dit le colonel. Avec votre permission,
j’aimerais m’entretenir quelques instants avec votre employé. Pourriez-vous
nous laisser?
-C’est que... hésita le vieux cow-boy. Je ne voudrais pas que...
-Je vous en prie, intervint Fanny, agacée. Que voulez-vous qu'il
m’arrive? Je suis un grand garçon."
Teaspoon soupira et sortit à contrecoeur. Quand la porte se fut
refermée sur lui, Clapton s’approcha d’elle et la dévisagea une longue
minute. "Alors, comme ça, vous êtes un grand garçon.
-C’est plus pratique pour ce que je fais. Vous allez le dire à
Teaspoon?"
L’officier sourit. C’est ainsi qu’il l’avait connue. Elle était
restée fidèle à elle-même. "J’ai parlé avec le sergent Kipper. Ce que j’ai
vu aujourd’hui ne l’a même pas surpris. Alors, vous avez toujours été comme ça?
-Je vous l’ai dit: vous m’avez jugée sans me connaître.
-Ce n’est pas moi qui vous ai jugée, mademoiselle MacLand. Je n’ai
fait qu’exécuter un ordre... Fanny, votre père s’inquiète beaucoup à votre
sujet."
La jeune fille détourna les yeux, d’un air navré. Elle aurait tout
donné pour éviter ce sujet. Il y avait bien longtemps qu’elle n’avait pas
pensé à ses parents et leur souvenir lui fit soudain très mal. "Je n’ai
fait que suivre vos conseils... Mon colonel, j’aimerais que vous ne lui
disiez rien.
-Si tel est votre désir... Mais il faudra bien rompre un jour le
silence. Vous n’avez pas le droit de laisser vos parents sans nouvelles.
-Si c’est tout ce que vous aviez à me dire, l’entrevue est
terminée, dit-elle, reprenant soudain ses distances.
-Non, ce n’est pas tout... En fait, je venais surtout pour vous
remercier. Je vous dois la vie. Aussi, j’aimerais savoir ce que je peux
faire pour vous témoigner ma reconnaissance.
-Je n’ai besoin de rien."
Fanny pensait qu’elle mettrait ainsi un terme à la discussion,
mais le colonel avait une autre idée en tête. Il s’assit et l’observa un
petit moment. Elle regardait la rue par la fenêtre. En réalité, elle ne
voyait rien. Elle se souvenait. Ce n’était pas une rue sombre de Laramie,
qu’elle avait sous les yeux, mais la cour ensoleillée de Fort Monroe. Ce
n’étaient pas les quelques pochards oubliés, mais les soldats du 15ème de
cavalerie. A la place de la maison aux rideaux tirés, elle voyait le bureau
de son père, et lui hélant l’officier de garde.
"Parlez-moi un peu de cette section d’éclaireurs avec laquelle
vous travailliez."
Fanny se retourna, comme aveuglée par le reflet trop vif du soleil
du Kansas sur la vitre du bureau. "Nous n’avons pas eu le temps d’évoquer
le sujet, la dernière fois.
-Parce que ça vous intéresse, maintenant? répondit-elle, le
dévisageant avec circonspection.
-John dit que vous avez eu là une idée qui mérite qu’on s’y arrête."
Le vieux Kirby lui avait souvent répété qu’il fallait se méfier des
officiers. Ils arrivaient toujours à vous faire dire ce qu’ils voulaient,
ces vieux roublards. "Oh! je vous vois venir. Vous me tirez les vers du
nez, vous vous faites tout expliquer dans le détail, comme ça vous pouvez
tranquillement reprendre l’idée à votre compte. De toute façon, tout le
monde sait très bien qu’une petite fille n’a pas les tripes nécessaires
pour mener à bien une telle aventure.
-Je suis désolé que vous pensiez cela de moi. Je n’ai jamais eu
l’intention de vous déposséder et de voler les honneurs qui vous reviennent.
-Les honneurs, je m’en fous. Ce qui est important, c’est le temps
que j’ai consacré à cette équipe. Le travail qu’on a fait ensemble et les
résultats qu’on a obtenus. Je veux pas que cette équipe soit détruite parce
que celui qui la commandera n’aura pas la même conception des choses que
ceux qui font le travail. Et je ne veux pas que d’autres prennent leur
place. Parce que ceux-là, ce sont les meilleurs.
-Je sais déjà tout cela. Votre père m’en a parlé. Si cette équipe
voit le jour, je veux dire officiellement, alors je vous jure qu’elle sera
pour vous. Uniquement pour vous. Mais pour mener à bien ce projet, vous
aurez besoin d’aide. Dites-moi tout, convainquez-moi, et je vous aiderai."
Fanny sut qu’elle avait trouvé le meilleur allié dont elle puisse
rêver.
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