Stephen Baldwin


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Cadet de la famille Baldwin, il trouve la consécration avec "L'Equipée du Poney Express" où il incarne le futur Buffalo Bill.

Stephen Baldwin (qui se fait également appeler Steve) est bien parti pour connaître une renommée aussi importante que celle de ses frères, Alec (le turbulent compagnon de Kim Basinger) et William (le héros de "Backdraft" avec Kurt Russell). C'est son personnage de William F. Cody dans "L'Equipée du Poney Express" qui lui a permis de gravir les échelons de la gloire. Un succés qu'il explique facilement : "Le public a besoin de dépaysement. Le Poney Express, c'est le souffle de la grande aventure. A l'époque de l'Ouest, tout au long de la route, des foules enthousisates ne cessaient d'acclamer le futur Buffalo Bill".
Dans le cas de Stephen, les producteurs ne s'y sont pas trompés : le feuilleton débutait à peine que les propositions de tournage commençaient déjà à s'amonceler sur son bureau. Le comédien a repris ainsi goût à la vie, après une grave période de dépression et d'alcoolisme. Son rôle dans "Né un 4 juillet" lui a ouvert les portes du cinéma qui l'a, depuis, adopté. Il vient d'ailleurs d'enchaîner "Bitter Harvest" et "Lane Frost" dans lequel il se produit aux côtés du séduisant Luke Perry ("Beverly Hills"). Le cadet des Baldwin n'a plus rien à envier à ses aînés. Sa carrière a curieusement débutée dans l'arrière salle d'un pizzeria new-yorkaise ! Le clown de la famille, marié à une dessinatrice, est d'ailleurs un homme peu ordinaire.

Cine Tele Revue : Après des débuts difficiles, vous décrochez maintenant rôle sur rôle. Vous n'y croyiez plus ?
Stephen Baldwin : Pas vraiment. Autant vous dire que j'avais quelquefois l'impression d'être invisible à Hollywood. Personne ne me prêtait réellement attention. Je me demande bien qui aurait misé un dollar sur mon avenir. Mais depuis que je suis rentré dans le club du "Poney Express", la tendance s'est heureusement inversée. Pendant des années, j'ai trainé une réputation de chouchou dans la famille parce que j'y suis le "petit dernier". D'autres pensaient que j'y étais à la traine !
Cine Tele Revue : Vous avez "ramé" tout un temps...
Stephen Baldwin : Cette période creuse de ma carrière lui donne aujourd'hui plus d'éclat. J'ai connu une affreuse déprime. J'espère bien ne plus jamais plonger aussi bas. Il est terrible ce sentiment qui vous pousse à tout voir en noir, à croire que la fin du monde est proche. J'ai trouvé une compensation dans l'alcool. Je me considérais comme un moins que rien, alors, pourquoi pas me détruire plus encore ? Cela semble absurde, mais, sur le moment, on ne réfléchit pas. On se croit perdu.
Cine Tele Revue : Qu'est-ce qui vous a permis de remonter la pente ?
Stephen Baldwin : Un matin, je me suis vu dans le miroir de la salle de bains et ce fut un choc. Le choc de regarder en face de moi quelqu'un qui ne ressemblait plus qu'à un vieux débris. Je me suis dit : "Ce n'est pas vrai. Ce n'est pas moi, c'est impossible !" J'ai décidé de retrouver mon équilibre et une vie normale. C'est la seule fois où j'ai considéré que mon entêtement était une qualité. Je me suis souvenu d'une phrase de mon père, il disait que j'y arriverais à force de persévérance. Il avait raison. Il me connaissait bien. J'étais pour lui un gamin têtu et naïf, mais il avait confiance en mon talent. Il est décédé en 1983 des suites d'un cancer et depuis, il n'a cessé de me manquer. Je n'écoutais que d'une oreille distraite ses conseils, mais finalement, j'en tenais compte inconsciemment. Et quelquefois, je me sens désarmé sans ses mots d'encouragements. C'est malheureusement toujours trop tard qu'on s'en rend compte.
Cine Tele Revue : Comment vous êtes-vous débrouillé pour entrer dans le show-business ?
Stephen Baldwin : Un agent est tout bonnement venu me chercher ! Je travaillais dans l'arrière salle d'une pizzeria de Manhattan, à New York, lorsqu'un manager m'a remarqué et m'a demandé de me présenter à un test. C'est ainsi que j'ai décroché un rôle, suivi d'un autre, avant que ma carrière prenne réellement son envol avec "Né un 4 juillet" aux côtés de Tom Cruise en 1989. Tout vient à point à celui qui sait attendre, dit-on, et c'est vrai. Heureusement, durant mes années de doute, j'ai pu compter sur Kennya, mon épouse.
Cine Tele Revue : Comment vous êtes-vous rencontrés ?
Stephen Baldwin : C'était l'hiver 1987. Ce jour-là, nous avions pris tous les deux le bus et quand nos regards se sont croisés, nous étions comme subjugués. Je n'avais jamais connu cela ! C'était plus foudroyant qu'un coup de foudre car sans échanger un mot, nous comprenions que nous avions besoin l'un de l'autre, que nous allions vivre une formidable romance. Kennya n'est d'ailleurs pas descendue à son arrêt. Elle attendait que nous soyions arrivés à destination. Descendus du bus, nous avons sympathisés. Elle m'a donné son numéro de téléphone et m'a embrassé sur la joue. Mon coeur battait la chamade, prêt à éclater. Je me croyais revenu en enfance, comme un gamin fou amoureux de sa maîtresse et paralysé par les sentiments qu'il lui porte. Découvrant petit à petit nos goûts similaires, nos passions communes, nous ne pouvions que concrétiser notre relation par un mariage. C'est de cette façon que nous avons fixé la date du 10 juin 1990. Un jour merveilleux durant lequel nous nous sommes tous regroupés. Je lisais la fierté de mes frères à mon égard dans leurs yeux. Croyez-moi, ça fait chaud au coeur.
Cine Tele Revue : Le clan Baldwin, c'est plus qu'une réalité ?
Stephen Baldwin : C'est notre refuge contre tous les malheurs de la vie. Et quand tout va bien, nous sommes sincèrement heureux du bonheur des autres. Regardez, pour le mariage d'Alec, nous étions tous là pour partager sa joie. Alec mérite plus que tout au monde ce mariage avec Kim. Hollywood a raconté tant de choses désastreuses sur leur compte. Kim est une fille formidable, pas du tout excentrique comme on l'a décrite. Ce qui lui est arrivé ces derniers mois (son procés et sa mise en faillite) était très dur à supporter. Mais cette femme a des ressources insoupçonnées. Alec n'a cessé de la soutenir. Ce mariage, c'est une victoire sur tous les vautours qui ont voulu les détruire.
Cine Tele Revue : Vous considérez-vous comme timide ?
Stephen Baldwin : Pas vraiment. Je suis plutôt extraverti dans le sens où j'aime amuser la galerie. On me surnomme le "Goofy" (l'amuseur) de la famille. Les enfants sont mon public favori. Ils ne tiennent pas une minute leur sérieux devant les pitreries. Quel meilleur remède contre l'ennui y a-t-il que le rire ? Ce n'est pas un hasard si on m'a proposé le rôle de William F. Cody, le futur Buffalo Bill : Cody est un mélange de clownerie et de ruse. Il est brave, imprévisible et vantard. C'est aussi un charmeur qui sait gagner la confiance des autres, un malin qui peut toujours s'arrêter à temps.
Cine Tele Revue : A quoi consacrez-vous vos loisirs ?
Stephen Baldwin : A écrire et lire des poèmes. Ces activités me permettent de me cultiver tout en travaillant mon langage. Les jeunes s'expriment trop souvent en argot, c'est dommage. Mieux vaut, à mon sens, construire de belles phrases, en respectant un minimum la grammaire. Et je ne parle pas seulement des acteurs, chacun devrait faire des efforts. Je m'intéresse aussi à la musique, surtout aux chants religieux et à l'opéra italien. Je compose quelques morceaux qui doivent rester secrets. Vous voyez, je suis loin de l'aventurier du "Poney Express"...

Travis, son meilleur ami
Entre les vedettes de la télé, la rivalité ne s'immisce pas toujours. Le meilleur ami de Stephen Baldwin n'est autre que Travis Fine, qui incarne Ike McSwain dans la série, un brave garçon disgracié par la nature, muet et chauve. Ses amis du Poney sont toujours prêts à le défendre. "Stephen m'a beaucoup aidé sur ce tournage", dit Travis. "Il m'a fait porfiter de sa grande expérience de comédien. Moi, je ne suis qu'un débutant". Né le 28 juin 1968 à Atlanta en Georgie, ce célibataire a pourtant obtenu son premier rôle au théâtre à l'âge de 7 ans. Il dut cependant attendre une dizaine d'années avant de briller à la télévision, notamment dans la série "Cagney et Lacey". Aujourd'hui, lorsqu'il ne joue pas, Travis, toujours célibataire, écrit des scénarios et des poèmes. "Je suis très sensible", dit-il, "comme Ike. Il a perdu ses cheveux à cause de la scarlatine. Il est muet depuis qu'il a assisté à la mort de ses parents. Il a beaucoup souffert, mais cette souffrance n'a entamé ni sa profonde bonté, ni sa force de caractère. Stephen vous dirait qe je lui ressemble... sauf au poker !".

Source: Cine Tele Revue n°36 du 9 septembre 1994
Journaliste : John Stockton

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